Côte d’Ivoire : l’ironie du drame

Acte 1:  Le pouvoir est dans la rue

Si Chirac ne peut affronter le nouveau Président de la Côte d’Ivoire de manière directe, il peut certainement user de subterfuges. Par l’intermédiaire de son poulain Ouattara et son parti politique : le Rassemblement des Républicains « RDR ».   

Acte premier donc : On conteste la victoire !  A tous les prix et vaille que vaille.  Advienne que pourra, pourvu qu’on arrive à nos fins. 

Pas avec le parti de Bédié qui est très affaibli par le coup d’état, mais avec le RDR.  Le mot d’ordre est lancé par la direction du parti : « Le pouvoir est dans la rue ! Il suffit de s’abaisser et on le ramasse !». 

On met donc dans la rue des milliers de personnes, armées de machettes et de gourdins, et plusieurs Dozos (chasseurs traditionnels) : « Gbagbo a été mal élu ! A bas Gbagbo ! ».   

On marche en groupes, au son de tamtams et de chants, d’Anyama à Koumassi en passant par Abobo et Treichville… vers la Présidence au Plateau.  On marche sur le Palais de la Présidence ! « Que les élections soient reprises ! On va déloger Gbagbo ! » 

Les partisans de Gbagbo eux aussi se mettent en route, décidés à ne pas se faire voler cette victoire si âprement acquise. Le clash entre les partisans de Gbagbo et ceux de Ouattara est inévitable. On ne veut pas l’éviter. On le souhaite même.  C’est peut-être le catalyseur qui va allumer le feu.  Avec l’appui du 43è BIMA, peut-être qu’on arrivera quelque part.  On cherche un catalyseur. Quelque chose qui va mettre le feu aux poudres. Peut-être qu’on arrivera à faire partir Gbagbo. 

Le clash a effectivement lieu. Il a lieu près de la Radio Télévision Ivoirienne à Cocody.  Il se produit. On se pourchasse.  On se taillade à la machette ! L’armée s’en mêle.  On ne distingue plus les partisans des opposants.  C’est le carnage ! Plusieurs arrestations, des centaines de blessés, plusieurs morts ! 

A la fin de la journée, le bilan est triste et très lourd. Des centaines de morts.  Mais triste constat : le plan a  échoué ! Contre toute attente, l’approche de la « rue avec Ouattara et le RDR » échoue.  On n’a  compté ni avec la fidélité de l’armée, ni avec la détermination des partisans de Gbagbo ! Il est toujours aux commandes. Il gouverne la Côte d’Ivoire au grand dam de la Françafrique. Hein ???!! 

Côte d’Ivoire: L’ironie du Drame – Là où tout a commencé

Introduction :  Les zinzins, les bahèfouès et l’invité surprise. 

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Jamais de mémoire de petit nègre, la Grande France n’aura déroulé telle artillerie pour attaquer un individu ! Soit-il Président de la Côte d’Ivoire ! Que d’énergie ! Sacré France, ou plutôt sacré Gbagbo !  La France de Chirac et de Sarkozy aura tout essayé ! Tout commence en 1999 quand le 24 Décembre, un certain Général Robert Guéi, dernier Chef d’Etat Major du Président Houphouët-Boigny, avec une bande de « jeunes gens », renverse le Président Konan Bédié, digne représentant de la Françafrique en Côte d’Ivoire. Et pourtant, ce 22 Décembre 1999, tout semblait baigner dans l’huile. La famille Bédié préparait avec faste une de ces fêtes de fin d’année dont Nzueba[1] lui-même a le secret depuis la période lointaine dans le pays de l’Oncle Sam où il avait pour surnom Mister Champagne.  Alors Ambassadeur aux Etats-Unis, il était bien connu dans les cercles diplomatiques pour ses fêtes baignant dans le Champagne, du Champagne et rien que du Champagne.   Ce 22 Décembre donc tout était fin prêt ! Les caisses de Champagne avaient été acheminées sur Daoukro[2] et au frais. On avait même accéléré la traditionnelle allocution télévisée de fin d’année pour aller vite à la fête.  Ecoutez, on n’a rien à cirer !  La fête n’attend personne !  

Ce jour là, Nzuéba avait étonné plus d’un.  Débout dans un coin de la salle, avec un sourire espiègle, il avait lancé à l’attention d’Alassane Ouattara[3], alors en exil en France, et de son état-major à la MACA (prison civile d’Abidjan) : « Je salue tous les Ivoiriens.  Tout ceux qui sont ici, et ceux-là mêmes qui sont là-bas !..  Ceux qui sont Ivoiriens les jours pairs, et non-Ivoiriens les jours impairs … ».   Sacré Nzueba ! Il fallait le faire.  Lancer un petit pic à son ennemi de tous les jours, Alassane Ouattara !  On s’attendait plutôt à une grâce présidentielle envers les dirigeants du RDR (parti d’Alassane Ouattara), mais que non ! Quelques semaines plus tôt, il avait lancé un mandat d’arrêt international contre Ouattara pour…usurpation d’identité… !!!?? Bref ! On s’est empressé d’aller à la fête. Et puis, dans la nuit du 24 Décembre, de nulle part, arriva un « Père Noël en treillis », venu mettre du sable dans l’attiéké[4] de la République.  Une banale af faire de zinzins (les fous !) et de Bahefouès (les sorciers !), des soldats démobilisés, qui aurait pu se régler facilement après les fêtes, se transforma en un coup d’état.   

Les choses se passent tellement vite que Chirac n’a pas le temps de convaincre son premier ministre d’envoyer les troupes stationnées au 43è BIMA à Abidjan, ni ceux du 6è BIMA  au Gabon au secours de son copain. Donc on laisse faire. On verra plus tard ! C’est avec beaucoup d’amertume (et beaucoup d’espoir aussi !) qu’on voit le Général putschiste déclarer à la télévision nationale, avec une voix nasillarde et des dagbè[5] creusés par une galère non-dissimulable : « A compter de ce jour, Konan Bédié n’est plus Président de la République de Côte d’Ivoire !… Un Comité National de Salut Public est mis en place par les militaires pour gérer les affaires du pays jusqu’aux prochaines élections… ».   Aïe, c’est parti si vite. Qui sont donc ces gens ? Ces tristes individus en treillis, ces « jeunes gens »? A part le Général putschiste et les deux autres généraux Palenfo et Coulibaly et bien sûr le très célèbre Colonel Mathias Doué, on ne reconnait pas les autres membres du Comité.  D’où sortent-ils ? Qui sont-ils et d’où viennent-ils ?  On saura plus tard que tout a été monté par un certain Sergent Boka Yapi et un Ibrahim Coulibali dit IB, bien connu dans les cercles militaires comme garde de corps d’Alassane Ouattara. Bref ! 

Enfin, pour  Chirac, il faut parer au plus pressé ! Il envoie chercher Bédié, qui entre temps avait utilisé le tunnel de la résidence du Président de la République pour se réfugier chez l’Ambassadeur de France.  Sacré Houphouët !  Il a pensé à tout. Surtout à ce passage secret qui met tout le monde à l’abri !   De la résidence de l’Ambassadeur de France, Bédié lance son fameux appel, ô combien pathétique : «Je lance un appel à tous les chefs de village, les chefs de quartier, tous les Ivoiriens, pour faire partir ce zozo qui s’est déclaré Président … »   Mais personne n’a bougé ! Rien n’y fit ! En cette fin d’année 1999, les Ivoiriens n’ont pas encore oublié les scandales sous Bédié : le boycott actif de 1995, les opposants en prison, la rumeur sur la pédophilie qui implique des ministres, les fêtes, le copinage et surtout les 18 milliards de la Banque Mondiale détournés, etc.  Personne ne lève le petit doit.  Hé, l’Ivoirien, tout comme l’éléphant, n’oublie rien. Bédié traverse donc le tunnel avec toute sa famille et il rejoint Paris par  Lomé.  Chirac verra plus tard comment régler cette affaire ! 

Les choses semblent s’empirer lorsqu’en 2000, contre toute attente, le même champion Bédié est écarté des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, par le même Général Président Robert Guéi.   Mais avec Bédié, il y a aussi le plan B avec Alassane Ouattara qui tombe à l’eau.  Il est tout aussi écarté pour … dit-on… « nationalité douteuse ! » par l’annonce solennelle faite par le Président de la Cour Suprême, Tia Koné !  On se souvient de son annonce.  Chaque Ivoirien était accroché à son écran de télévision.  De sa voix monocorde, le Président Tia Koné égrène : « Vu…Vu…Vu…, il sied alors, que le sieur Alassane Dramane Ouattara, a une nationalité douteuse ! ». Et pourtant, Ouattara était sûr que sa candidature passerait comme une lettre à la poste.  N’a-t-il pas appelé à voter « OUI » au référendum sur la constitution ? Même si dans les mosquées discrètement, son mot d’ordre était le « Non » pour barrer le chemin à une constitution qui avait le germe de l’exclusion, dit-on! Mais pourquoi diantre Ouattara n’a-t-il pas dit « Non » publiquement s’il n’est pas d’accord ?  Sacrés politiciens, ils nous auront tout fait voir.  Il n’est pas d’accord sur plusieurs articles de la nouvelle constitution, mais il instruit ses militants de voter « oui » au référendum. 

Humm !  Que fait-on donc quand tous les candidats dits sérieux sont éliminés ? Rien du tout ! On se rabat sur la candidature du Général. On est presque assuré que le Général gagnera ces élections, quelque soit l’adversaire. On sait le faire. Une petite auto-proclamation avant le décompte final et le tour est joué. On prête serment en  grande vitesse et en grande pompe et tout est vite oublié. Une semaine avant les élections, le Général avait même déjà fait faire la réservation et confectionner ses plus beaux habits pour l’investiture.  Chirac avait tout aussi préparé le petit discours pour vite féliciter le Général pour sa brillante élection, quand le moment serait venu.   Mais l’impossible se produisit.  L’auto-proclamation échoua !  Les partisans d’un certain candidat Laurent Gbagbo, qui n’a pas pu être éliminé parce que ne représentant pas une menace sérieuse, ont pris la rue et le Général a reculé. Les soldats fidèles au Général ont été submergés par la foule des militants de Gbagbo.     Et pourtant c’est une formule qui n’avait jamais échoué.  Il suffit seulement de regarder tout près de la Côte d’Ivoire, dans les pays voisins.  On limoge et/ou on fait arrêter le Président de la Commission Electorale Indépendance avant la proclamation des résultats officiels.  Le Ministre de l’Intérieur en personne monte au créneau et annonce des résultats préparés depuis longtemps.  Ça rouspète un peu et ça passe comme une lettre à la poste.  Mais ici, sur les bords de la lagune Ebrié, un grain de sable se glisse dans cette machine si bien huilée : Gbagbo et ses partisans. Sacré pays, ou plutôt sacré merdier ! Gbagbo avait pourtant assuré le Général qu’il se laisserait faire ? Pourquoi n’a-t-il pas accepté l’auto-proclamation ? Sacré Gbagbo ou sacré boulanger, dira le Général ! Il a roulé tout le monde dans la farine ! Le Général cède donc et Gbagbo Laurent, le vainqueur des élections, est investi troisième président de la Côte d’Ivoire indépendante, premier président de la deuxième république. 

En cette fin d’année 2000, Mr. Chirac a les mains liées : Il est certes Président de la Grande France, mais l’essentiel du pouvoir est aux mains d’un certain Jospin, Premier Ministre, qui lui, est socialiste comme le nouveau président élu de la Côte d’Ivoire. Il ne peut l’affronter directement sans s’attirer les foudres du premier ministre et de son gouvernement.  Il rumine sa colère.   Pourquoi le gouvernement Jospin n’a-t-il pas levé le petit doigt lors du coup d’état contre Bédié ?  Ni contre la mise à l’écart de Bédié ? Pour Bédié, il pouvait comprendre ! Mais pourquoi avoir recalé Ouattara?   Le Général avait pourtant donné beaucoup d’espoir en s’autoproclamant Président. Ça, on l’avait déjà réussi dans plusieurs pays amis, comme le Togo.  Mais sacré Gbagbo !  Il a pris tout le monde à contre pied. Pourquoi Jospin est-il si prompt à reconnaître le pouvoir de Gbagbo ?  Ne sait-il pas que les intérêts de la Grande France sont menacés avec Gbagbo ? D’ailleurs, ce Gbagbo, cet invité surprise, n’est-ce pas ce monsieur, « ce nationaliste populiste qui n’hésite à prendre la rue pour forcer le destin ? », dont lui Chirac se méfie depuis leur première rencontre ?  Qu’a t-il à se mêler des affaires de la Grande France ? Que vient-il faire dans cette affaire qui ne le regarde pas ? 

Ce n’est pas le schéma qui avait été imaginé par Chirac.  On a accepté que Bédié parte.  Mais à la rigueur on accepterait Guéi pour quelque temps, et puis notre joker, Ouattara, qui attend dans l’antichambre depuis plusieurs années déjà.  Mais pas Gbagbo ! Chirac n’aime pas cet homme.  Dans les salons feutrés du Palais de l’Elysée, il dit à qui veut l’entendre : « Cet homme n’est pas fiable, car il dit toujours oui et après fait l’inverse. » La Côte d’Ivoire est bien trop importante dans le dispositif de Mr. Chirac et de la Grande France.  La Côte d’Ivoire, c’est le Général de Gaule, Pompidou, Giscard, Mittérand, Chirac, … C’est Houphouët-Boigny, Bédié, Ouattara, peut-être Guéi,.. Mais pas Gbagbo ! Non, Gbagbo n’a pas de bonnes fréquentations. Tantôt avec les Chinois, tantôt avec les Russes, les Israéliens, les Angolais…  Rien n’est sûr avec lui. Et ça, ce n’est pas bon pour les intérêts de la Grande France.  Pour Jacques et la Grande France, la Côte d’Ivoire, c’est le café et le cacao, le port et l’aéroport, le pétrole et le gaz, le CFA et le 43è BIMA, les ponts et le téléphone, l’eau et l’électricité, les belles plages et les «petites[6]», l’attiéke-poisson et l’alloko[7] ! Et maintenant le pétrole ! C’est l’ordre établi !  C’est comme ça et ça le reste !  A tous les prix ! Il va falloir corriger le tir. Ni la France, ni Jacques ne sauront accepter cette humiliation.  Pas pendant que lui Chirac est au pouvoir, personne ne lui ravira son territoire. On va lui faire mordre la poussière à ce Gbagbo. Vouloir changer l’ordre des choses ! Jacques active donc la grande machine de la Françafrique.  Jacques est un habitué de cette puissance machine.  D’abord on occulte les gains financiers, puis on créé un chef d’accusation autour duquel on rassemble la communauté internationale.  Ensuite on diabolise l’individu et on le rend infréquentable.  On l’attaque et s’il riposte on inverse les rôles entre la victime et l’agresseur.  Enfin et surtout, on monopolise l’information.   Jacques en a les ressources. C’est une formule bien éprouvée qui n’a jamais échoué. Demandez tout prêt de vous : au Burkina, au Niger, au Congo Brazza, au Congo Démocratique, en Algérie, etc…. Les exemples sont légions. On écarte les mauvais dictateurs, et on adule les bons dictateurs au gré des intérêts de la Grande France.  Tout ça est savamment orchestré ! 



[1] Surnom populaire de Henri Konan Bédié [2] Village natal du Président Henri Konan Bédié [3] Ancien premier ministre et Président du RDR 

[4] Argot Ivoirien (Noutchi) pour « mettre un grain de sable dans une machine bien huilée » 

[5] Noutchi pour les plaies ou la bave à la commissure des lèvres 

[6] Noutchi ivoirien pour désigner les nanas 

[7] Attieké-poission et alloco – mets ivoiriens très prisés 

Comment entrer au Dioulabougou ?

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« Le Dioulabougou ! » Voilà comment les Ivoiriens ont surnommé le pouvoir de Ouattara. Déjà ! Pour certains, c’est le Gouvernement qui est le Dioulabougou. Pour d’autres, c’est même l’ensemble du régime Ouattara. Comment entrer au Dioulabougou ? Simple. Etre adepte des coups d’Etat. Ingrat. Avoir une haine pour Gbagbo et la refondation. Accepter l’exploitation de la France. Ne considérer la loi que lorsqu’elle frappe les Gbagbo. Cautionner le génocide des Wê pour donner leurs terres aux gens. Etre complice de l’épuration des Bété. Faire la réconciliation entre vainqueurs pendant que des villages sont massacrés. Etre content des pillages des biens d’autrui. Avoir la force de soutenir un mensonge. Prôner la paix en faisant des morts. Etre content de voir les opposants au chômage. En prison. A l’hôpital ou au cimetière. Aimer la pensée unique. Entrer au Dioulabougou, c’est bien facile.Le Temps 

http://www.ladepechedabidjan.net/DU-TAC-AU-TAC-Comment-entrer-au-Dioulabougou_a3395.html

Côte d’Ivoire: L’ironie du drame

soldatfrancais.jpg C’est vrai que ce qui caractérise l’Ivoirien, c’est sa capacité à dédramatiser toute situation.  Tous ceux qui ont vécu en Côte d’Ivoire ou ont côtoyé des Ivoiriens le savent. Voir une  situation désespérément dramatique et transformer les pleurs en un rire complètement hystérique. Pas pour se moquer des acteurs et minimiser leurs souffrances, mais pour se rire de l’intrusion du drame lui-même.

Cette capacité se trouve peut-être dans l’attiéké-poisson du matin ; ou est-il dans l’alloco de seize heures ; ou encore dans le coupé-décallé de minuit ; ou enfin dans la position de quatre heures du matin ?

L’ironie du drame est une chronique satirique de la guerre acharnée de la Françafrique contre Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire.  C’est une saga qui s’étend sur 12 ans et va de Chirac à Sarkozy en passant par Jospin et De Villepin.  Elle implique tous les prétendus héritiers du Président Houphouët-Boigny : de Bédié à Ouattara en passant par Guéi et Gbagbo.  Connait-elle vraiment son épilogue le 11 Avril 2011 par l’arrestation de Gbagbo par les Gobis de Sarkozy ?  Nul ne sait et rien n’est sûr !

De manière démoniaque, les médias français ont utilisé les principes de guerre pour convaincre l’opinion internationale et la préparer à la guerre contre Gbagbo et la Côte d’Ivoire.

D’abord, ils persuadent  l’opinion internationale que ni le cacao, ni le pétrole, ni même l’attiéké-poisson et l’alloco de la Côte d’Ivoire ne les intéressent.  Ce qui les motive c’est juste le bien-être des populations ivoiriennes, victimes d’une dictature sans pareil.

Ensuite, il faut inverser la victime et l’agresseur. Les pauvres rebelles qui ont attaqués Gbagbo le sanguinaire en 2002 et ont créé une partition de la Côte d’Ivoire se battent contre l’exclusion, l’ivoirité, la xénophobie et pour la restauration de la démocratie.  Vous voyez bien que leurs leaders (Ouattara et Soro) sont des intellectuels, et de haut niveau ? Ne voyez-vous pas que les victimes ce sont bien eux : les nordistes, les musulmans, les exclus, les étrangers ?

Puis, on diabolise la cible et on cache l’histoire récente : Laurent Gbagbo prépare un génocide en Côte d’Ivoire. Il a pris la démocratie en otage. Il a perdu les élections. Il utilise les armes lourdes contre la population.  C’est une brute, un sanguinaire. L’éliminer serait un salut pour le peuple de Côte d’Ivoire.  Non pas pour la France, non, jamais !

On a fait oublier au monde entier que Laurent Gbagbo se bat pour la démocratie en Côte depuis l’âge de 18 ans.  Que les acquis démocratiques en Côte d’Ivoire depuis les 30 dernières années ont été initiés sinon arrachés de haute lutte par lui.  Qu’il ne supporte, ni n’a jamais cautionné le concept d’ivoirité.  Bref, tout ça n’a aucune sorte d’importance pour eux !

Enfin, on monopolise surtout l’information.  On bombarde la télévision ivoirienne.  On a RFI, France24, LCI, Africa24, l’internet etc..Mais on s’arrange pour que les populations nationales et internationales n’aient pas la version du diabolisé.  Il ne faut pas que la vraie histoire soit racontée. Il ne faut pas qu’on sache que des montages et des mensonges sont débités à longueur de journée pour diaboliser et déformer l’information.

Tous ces principes ont été utilisés admirablement dans le cas de la Côte d’Ivoire, pour le maintien du pré-carré. Vive la Françafrique ! 

Ce qui est sûr par contre, c’est que les Ivoiriens ont un degré de résilience que ne sauraient leur ravir ni les manipulations, ni les bombardements.  Ils savent regarder le drame comme une situation passagère.  Découragement n’est pas Ivoirien, dit-on. Cette force se trouve bien dans les eaux polluées de la lagune Ebrié !

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !




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